INTIMITÉ ÀPROXIMITÉ                           Échanger. Partager. Vivre ensemble

Mikhaëla Bitton

Plus que jamais, le monde dans lequel nous vivons connaît une véritable croissance économique où l’individualisation de la société se fait ressentir de plus en plus. Nous retrouvons une forte présence d’inégalité au sein des générations actuelles renforçant ce sentiment de solitude chez les citoyens.  La société de consommation à laquelle nous vivons ne ressent pas de contrainte à produire toujours plus au détriment des ressources limitées et des conditions environnementales tout en privilégiant les intérêts à court terme.

              En effet, dans le quartier Saint- Henri, une personne sur trois vit seule, un ainé sur deux habite seul et plus de la moitié des familles sont monoparentales. L’isolement social est un véritable enjeu ressenti dans le quartier. Il est principalement causé par la gentrification où la cohésion sociale est fragilisée, l’enclavement physique généré par l’échangeur Turcot, la voie ferrée et le canal Lachine. De plus, on retrouve peu de services à proximité, donc peu d’opportunité de rencontre et de partage entre les habitants. Effectivement, le quartier fait face à un manque d’accès au logement, d’une alimentation saine, à l’emploi et à des services de transport. Avec un tel manque de service, le développement du quartier devient difficile.

Alors, comment renforcer les liens entres les différentes personnes de la communauté et créer un environnement favorisant l’entraide, l’inclusion sociale et les interactions?

Pour ce faire, il nous faut requestionner notre mode de vie à l’échelle collective et individuelle. Apprendre du passé et se fixer des limites pour l’avenir en se détachant de l’impératif de productivité, soit en produisant moins, partageant plus et apprendre à vivre ensemble.

Le projet s’implante au cœur de Saint-Henri, sur la rue Notre-Dame, l’artère principale du quartier. La cours d’école qui se trouve devant le site génère une fracture urbaine dans la rue. L’espace informel de la ruelle permet de se connecter avec l’espace formel de la cours d’école à travers un parcours dynamique et vivant. Le parcours se prolonge dans le bâtiment à travers des coursives extérieures afin de faire revivre l’esprit de la ruelle au sein même du projet. La fluidité et la flexibilité des espaces au rez de chaussée permettent d’encourager les liens intergénérationnels et favoriser les rencontres et les échanges. Des jardins communautaires, des espaces végétalisés, un toit terrasse et une serre sont mis en place afin de reconnecter l’homme avec la nature. En plus des ateliers créatifs, des ateliers de réparation, de don et de prêt, le pole alimentaire prend une place fondamentale dans le projet. En effet, une cuisine collective, une coopérative alimentaire et un atelier de cuisine fonctionne en autogestion et permet de palier au désert alimentaire dans le quartier.

Ce projet est basé sur les valeurs de partage et de rencontre et cherche à renforcer les initiatives individuelles et collectives déjà entamé par les habitants du quartier. Il a pour but de développer une conscience sociale tout en favorisant l’implication citoyenne afin d’encourager les échanges au sein même de la communauté. Offrir des espaces de partage intergénérationnels afin de développer des liens sociaux de proximité et de reconnecter les gens avec l’environnement mais surtout de reconnecter les gens entre eux, c’est peut être ça le devoir de l’architecte?

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Avec l'appui de la Chaire Fayolle-Magil Construction en architecture, bâtiment et durabilité - Université de Montréal

© 2017 - 2020 par les étudiants de l'atelier en Éthiques et pratiques du projet d'architecture