« A.W.O.L. » INCITÉ PLUTÔT QU'IMPUTÉ!

La résilience provenant de l’unité, l’unité provenant de l’adversité.

Frederic Lavigne

Si l’on considère l’opération militaire d’Afghanistan, en 2017 plus de 70 personnes se sont suicidé. Ce chiffre ahurissant représente 30% des pertes des soldats canadiens. Puisque la mission est terminée, ce ratio ne fera qu’augmenter au fils du temps. Additionnellement, si l’on considère que près de 50% des membres de la force régulière ont soit des troubles mentaux ou des problèmes de consommations d’alcool, il est compréhensible que la réintégration en société soit difficile pour les militaires quittant le service. Il faut également considérer que plus de 6% de la population d’itinérants visible et 9% des itinérants non-visible à Montréal sont des vétérans. Ces problématiques sont complexe puisqu’il n’y a pas un cas de vétérans typique. Est-ce juste, équitable et éthique que cette démographie soient marginalisés après avoir risqué leur corps, leur santé mentale ainsi que leurs vies?

 

              Le projet thèse intitulé « A.W.O.L. » est une abréviation militaire du terme « Abscent Without Official Leave ». Cette expression désigne un militaire ayant quitté sont poste sans avoir l’intention de déserté. Le projet, en son sens, sert d’oasis d’apaisement urbain où les vétérans peuvent se réunir, se ressourcer et s’absenter de leurs vies quotidiennes sans pour autant la déserter. Un territoire neutre où les grades militaires n’ont aucune valeur et où chaque usagés sont égaux.

              Si l’intention du projet est de fournir un lieu pour s’absenter, le parti architectural devra traduire cette absence en architecture. L’absence pouvant se concrétiser à l’aide de l’invisibilité et de l’immatérialité, le dégagement au niveau de la rue en intégrant le bâtiment à la topographie servira à camoufler le bâtiment dans son contexte. Cette stratégie d’implantation portant sur l’introversion permettra ainsi d’assurer l’intimité pour les occupants tout en ayant un éclairage naturel abondant fait à partir de cours intérieur végétalisé qui permettent aux occupants de reconnecter avec la nature.

 

              L’absence est également traduite par le vide de la cour intérieur. Cette cour agissant en tant qu’oasis, dans un bâtiment oasis, dans un ilot oasis, est un vrai « Inception » d’oasis. Celle-ci met l’accent sur l’eau, la végétation, la nourriture et la vie. L’arbre principal au centre de la cour étant un érable, cette espèce symbolise la force et l’endurance. Le changement de couleur de ses feuilles permet d’accentuer la saison d’automne. Les cerisiers en fleurs tant qu’à eux représentent le renouveau et son fleurissement au printemps permet d’embellir la cour lors de cette période. Les coquelicots représentent la vie qui perdure dans toutes les circonstances et dans tous les environnements. Sont fleurissement tout au long de l’été ajoute de la couleur aux surfaces qui ne serais normalement que gazonné.

              La résille saisonnière suspendu au-dessus de la cour intérieure permet d’avoir des plantes grimpantes lors de l’été afin de filtrer la lumière du soleil et de générer plus d’ombre dans la cour intérieur. L’hiver, l’excès d’eau des toitures s’écoulera et formera des glaçons pendant la période hivernale générant ainsi une résille cristalline scintillante.

 

Bien que ma proposition suscite le débat, cette solution architecturale agissant en tant que manifeste permet de jeter de la lumière sur une problématique importante. En partageant des informations critiques et en proposant une piste de solution, peut-être, viendra-t-il qu’à entamer la discussion. De cette manière, les vétérans ne seront plus oubliés et nous pourrons attaquer de pleine force la marginalisation et la stigmatisation qu'ils font face.

 

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Avec l'appui de la Chaire Fayolle-Magil Construction en architecture, bâtiment et durabilité - Université de Montréal

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