PAR-DELÀ LE NATURALISME

ÉDUCATION RELATIVE À L’ENVIRONNEMENT À L’ÉCOLE MARGUERITE-DE-LAJEMERRAIS

Maxime Savoie

Plus précisément, ma thématique individuelle porte sur l’éducation relative à l’environnement. Alors que tous s’entendent pour dire que nous traversons une crise écologique sans précédent, il est clair que le dualisme occidental entre nature et culture en est le principal responsable. En effet, bien que nous percevions le monde comme étant divisé en deux sphères distinctes, soit l’humain et le non-humain, le vivant ne connaît pas de frontière. Cette vision du monde se reflète non seulement dans notre aménagement du territoire, mais aussi dans la manière dont nos villes et l’architecture fonctionnent. Notre relation à notre environnement doit être radicalement revue. Il nous faut déconstruire notre vision du monde, pour en reconstruire une qui soit plus réaliste et respectueuse.

D’après Lucie Sauvé, chercheure à l’UQAM, la modification radicale de notre perception de l’environnement dans lequel nous évoluons passe par l’éducation relative à l’environnement. Selon l’UNESCO, l’école a comme mission de promouvoir de nouvelles valeurs et devient un outil incontournable pour changer les mentalités. L’architecture, par son caractère profondément culturel, peut également jouer un rôle de premier plan dans un changement de paradigme. Sachant que les expériences significatives vécues en nature jouent un rôle prépondérant dans notre relation avec celle-ci (Université du Colorado à Boulder), l’architecture doit multiplier ces expériences. Je propose ainsi de revoir l’organisation de la cour d’école de l’école Marguerite-de-Lajemerrais afin de la lier au boisé des
Pères et d’aménager un pavillon de sensibilisation à l’environnement dont l’architecture modifie notre relation à notre milieu de vie.
La cour d’école serait donc transformée afin d’accueillir un sous-bois nourricier et des espaces de sensibilisation où la croissance végétale et les interrelations écosystémiques deviennent la principale matière d’étude. Des sentiers sillonneraient le terrain de sorte que le plein air remplacerait la palestre fermée d’autrefois. L’asphalte laisserait place à des friches ou permaculture, agroforesterie, sentiers d’hébertisme et plateformes d’observation animent le site et met en lumière le vivant dans toute sa diversité.

Le projet manifeste tendrait à changer la vision du monde des gens qui l’utilise. Par sa programmation radicalement centrée sur le développement d’une sensibilité environnementale, la nature même de l’architecture serait changée, afin d’amener les élèves et usagers à vivre le paysage. Le pavillon reconnecterait le boisé avec la ville pour désenclaver le site de l’école Marguerite-de-Lajemerrais et ainsi en faire profiter le plus de gens possible.

Le but du projet est de s’éloigner de l’idée occidentale de nature, afin de percevoir notre environnement comme notre milieu de vie. Ce changement de paradigme doit s’opérer dans le milieu de l’éducation puisqu’il constitue un vecteur de changement sociétal incomparable. Ces changements passent d’après-moi non seulement par le cursus éducatif, mais également par la modification de l’architecture que nous habitons au quotidien et l’utilisation du territoire.
La requalification des cours d’école, qui sont majoritairement des déserts biologiques, pourrait devenir le point de départ d’une gestion métabolique de nos villes plus responsable. Les écoles, qui sont souvent perçues comme le coeur de nos communautés, pourraient redéfinir la place du vivant dans notre quotidien et multiplier les contacts entre humains et non-humains. La présente proposition prouve qu’il est possible de redonner vie à des espaces urbains mal organisés. L’architecture de nos écoles pourrait-elle contribuer à modifier notre relation au vivant?

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Avec l'appui de la Chaire Fayolle-Magil Construction en architecture, bâtiment et durabilité - Université de Montréal

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